Prévenir les cystites en douceur

Prévenir les cystites en douceur
Les inflammations de la vessie, dues le plus souvent à une infection bactérienne, sont douloureuses et récidivent souvent. Les antibiotiques à répétition ne sont pas la bonne solution...
Normalement, à sa sortie, l’urine est stérile grâce à un système de défense de l’appareil urinaire, à la fois mécanique et chimique. Mais l’anatomie féminine facilite les contaminations par des bactéries, notamment par Escherichia coli (80 % des cas). L’orifice externe de l’urètre est en effet proche de l’anus et ces défenses naturelles ne suffisent pas toujours.
 
TROP DE RESISTANCES 
 
Autres causes fréquentes : une hydratation insuffisante, un épisode de stress et de fatigue, des rapports sexuels – surtout s’ils sont intenses et fréquents après une période d’abstinence. Douleurs pelviennes (du bas-ventre), sensations de brûlures, envies pressantes d’uriner sans y parvenir, petite fièvre parfois... Gênantes et pénibles, ces crises représentent l’une des infections les plus courantes chez les femmes de tous âges et provoquent beaucoup de consultations et d’arrêts de travail.
La solution passe souvent par une antibiothérapie, mais un usage immodéré ou injustifié – pour toutes sortes de maladies – a entraîné une résistance aux antibiotiques. Résultat, ceux-ci sont moins efficaces contre les infections urinaires récidivantes et, de plus, accroissent leur virulence. D’où l’intérêt des solutions douces destinées à prévenir le risque de récidives ou à faciliter l’élimination des bactéries en début de crise.
 
DES BAIES DE CRANBERRY
 
Plusieurs plantes sont connues pour leurs effets bénéfiques.
• La canneberge (cranberry) surtout, une airelle d’Amérique du Nord. Elle ne tue pas les bactéries Escherichia coli mais, grâce à son principe actif, la proanthocyanidine, réduit leur fixation sur les parois de la vessie. Ces bactéries ont en effet besoin de s’accrocher pour se développer. Sous différentes formes : baies séchées pour infusion et, plus pratiques, gélules et extraits secs qui garantissent en outre un apport suffisant car le dosage est important. Les études montrent que 36 mg par jour sont nécessaires.
• L’échinacée, à qui l’OMS reconnaît un intérêt pour stimuler le système immunitaire, donc mieux résister. En cures de tisanes, gélules ou comprimés.
• Et aussi, dès les premiers signes : l’orthosiphon, plante utilisée depuis longtemps en Indonésie comme diurétique, qui contribue ainsi à éliminer les bactéries. En tisanes, teinture-mère, ampoules ou gélules. Le pissenlit, également diurétique (d’où son nom imagé !) et la bruyère, en décoctions ; le sureau noir en sirop ; l’anis vert, antibactérien. Et le tea tree, anti-inflammatoire : 3-5 gouttes d’huile essentielle diluée dans une huile d’amande douce à appliquer en massage sur le bas-ventre.
 
CONSEILS DE BASE
 
Pour limiter le risque de récidives, il faut aussi :
- boire beaucoup (eau, tisanes) pour « laver » la vessie et l’urètre ;
- réduire alcool et café qui irritent le système urinaire ;
- ne pas se retenir longtemps quand le besoin d’uriner se fait sentir ;
- bien vider sa vessie et sans attendre après des rapports sexuels ;
- s’essuyer de l’avant vers l’arrière après un passage aux toilettes ;
- pendant les règles, ne pas garder trop longtemps les serviettes et tampons hygiéniques ;
- avoir une bonne hygiène de la zone vulvaire, mais pas de savons ou de gels cosmétiques, trop décapants donc contre-productifs ;
- éviter slips serrés et vêtements moulants qui facilitent frottements et macération. 
 
 
Evelyne GOGIEN


BES 340
Avril 2017
Santé au naturel
Evelyne Gogien