SPORT ET GROSSESSE

SPORT ET GROSSESSE
Être enceinte n’est ni une maladie ni un handicap, la grossesse n’empêche en aucun cas de pratiquer une activité sportive.
Pour le docteur Carol Maitre, gynécologue à Paris et à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep), il faut adapter la quantité et le type d’exercice physique. « S’il n’y a pas de contre-indication à la pratique d’une activité physique, qu’il n’y a pas d’antécédents de prématurité ou encore un retard de croissance utérin, il n’y a pas lieu de devenir sédentaire quand on a un mode de vie actif. La société canadienne de gynécologie obstétrique affirme même qu’il faut inciter les femmes qui ne pratiquent pas une activité sportive à en débuter une.»

C’est bon pour vous
Le sport contribue à diminuer le stress, améliore le sommeil, stimule la circulation sanguine, optimise les capacités respiratoires et cardiaques, aide à prévenir la constipation, les crampes et les jambes lourdes, augmente le tonus musculaire et l’endurance.
«Le sport aide aussi à diminuer le diabète gestationnel, à limiter la prise de poids, la dépression post-partum, le baby blues…»

C’est bon pour Bébé
Pendant un effort modéré, le bébé profite d’un flux sanguin maximal optimisant sa croissance et des effets euphorisants des endorphines sécrétées. Après la séance, elles ont plutôt un effet tranquillisant. En respectant certaines règles, en ayant un peu de bon sens et en choisissant un sport adapté, il est facile de conserver la forme pendant neuf mois.

Optez pour le juste milieu
Si la grossesse est un phénomène on ne peut plus naturel, il existe bel et bien des effets physiologiques particuliers. Dans les trois premiers mois, la sécrétion d’œstrogènes en quantité plus importante décuple les aptitudes physiques des futures mamans : plus de force, de tonicité musculaire et d’endurance à l’entraînement. Alors, prudence. Ne vous engagez pas dans des efforts qui dépassent les capacités du moment. Écoutez votre corps. Attention aux entorses de la cheville. Prise de poids, ventre grandissant déplacent le centre de gravité, vous rendent maladroite. L’hyperlaxité ligamentaire favorisée par l’imprégnation hormonale augmente le risque de foulure.

Faire le bon choix
Si vous êtes sportive, vous pouvez continuer à pratiquer vos disciplines habituelles, en vous ménageant. « Dans les deux premiers mois, on peut tout faire, ajoute le docteur Carole Maitre. La natation et la marche restent les deux activités les plus pratiquées. Le vélo peut être continué jusqu’à cinq ou six mois. Sixième pour le golf, quatrième et demi pour le tennis en double et le ski de fond. À partir du cinquième mois, évitez les sports tels que la course à pied. Le poids du bébé, du placenta et du liquide amniotique majorent l’impact sur les hanches et les genoux. Préférez les disciplines portées comme la natation.»
Pour les accros des cours de fitness, les gymnastiques dites douces procurent de multiples bénéfices et s’adaptent à chaque stade de la grossesse. Pendant ces neuf mois, le diaphragme, muscle principal de la respiration, est poussé petit à petit par l’utérus vers la cage thoracique ou sous-claviculaire. Il devient alors impossible de respirer à fond. Et tensions, contractures, maux d’estomac, perte de sommeil… s’installent. Pour regagner une paix intérieure et vous détendre, rien de tel que le yoga, le tai-chi-chuan, ou encore le qi gong. Choisissez la discipline qui vous convient le mieux.


À EVITER
• Le VTT, l’équitation, le roller, ou encore le ski, trop à risques.
• Les activités sportives demandant endurance, efforts brusques et violents ou engendrant des chocs.
• Les sports de glisse, de combat, la plongée sous-marine, l’alpinisme, le parachutisme…
• Forcer si vous vous sentez fatiguée. Accordez-vous des moments de récupération plus longs. Reposez-vous en respirant profondément pour bien oxygéner votre corps.
• Réduire votre alimentation, pour garder la ligne. L’hypoglycémie risquerait d’entraîner un éventuel retard de croissance fœtale.


Réponses d’expert
Anaïs Royer, Coach sportif, master trainer chez Nike France. « Vous pouvez gagner en bien-être. »
Le meilleur conseil est celui de s’écouter et de ne pas pratiquer une activité physique en pensant esthétique. Commencez ou continuez de vous entraîner, mais dans l’objectif de soutenir, d’accompagner votre corps qui va connaître un certain nombre de changements, notamment au niveau du poids. Renforcez les zones sensibles comme le dos, les jambes et les chevilles. Travaillez votre souffle avec la respiration ventrale. Vous améliorerez ainsi la souplesse et la mobilité des tissus musculaires tout en renforçant en profondeur la sangle abdominale. Cela relaxe, aide à se recentrer, choses importantes lors des dernières semaines et pendant l’accouchement.                           


CLARISSE NÉNARD