Sous le soleil exactement

Sous le soleil exactement

Effet d’un délicieux farniente estival, le bronzage est atout de séduction et gage d’humeur joyeuse. À condition de savoir parfaitement comment et où hâler…
Entre le soleil et nous, c’est toujours la même histoire. Une relation passionnelle, pavée d’interdits médicaux, de bravades irréfléchies et de réconciliations cosmétiques. Un cocktail explosif pour notre peau ! Il est bien sûr impensable de se priver des plaisirs que procure une place au soleil sur le corps et l’esprit. Alors tant qu’à bronzer, autant le faire intelligemment, c’est-à-dire sans danger.

Un capital à préserver
Ainsi, avant de penser aux jolies couleurs miellées de votre épiderme, concentrez-vous sur la protection de votre capital solaire. C’est-à-dire de votre système naturel de défense contre les rayons émis par le soleil. Parmi ces derniers, les ultraviolets attaquent et détériorent l’ADN de nos cellules. Le plus souvent, ces altérations sont naturellement réparées par l’organisme. C’est cette capacité de réparation que résume l’expression « capital solaire ». La répartition de ce pécule attribué à la naissance n’est pas égalitaire, et il n’est pas éternel. On ne peut pas le faire fructifier, mais on peut en revanche l’économiser afin qu’il nous fasse bon usage le plus longtemps possible. Comment ? En  sélectionnant avec soin notre bouclier contre ces ultraviolets qui peuvent brûler ou provoquer des dommages cellulaires irréversibles, et qui accélèrent le vieillissement cutané. Jusqu’à présent, le choix d’une protection solaire s’appuyait principalement sur la couleur de la peau ou des cheveux. Or, des études scientifiques ont réussi à prouver que le phototype n’était pas l’unique paramètre à considérer.

Les règles d’or de la protection
On sait maintenant qu’il faut également se soucier du type de peau, du lieu d’exposition et de la force du soleil. Eh oui, lorsque vous lézardez, votre peau reçoit non seulement les rayons directs mais aussi ceux réfléchis par le sol. Comprenez par là que le lieu d’exposition conditionne aussi le type de protection à choisir : plus la réverbération est forte, plus les indices doivent être élevés. Troisième critère de sélection : la puissance des rayons. Elle varie en fonction de la latitude, de la saison, de l’altitude mais aussi des heures de la journée et de la réverbération. 


LES NORMES DE L’ÉTIQUETTE

Pour nous aider à nous y retrouver, les autorités de santé ont demandé aux fabricants d’apposer sur l’emballage d’une protection solaire un nombre indiquant l’IP (indice de protection), le FPS (facteur de protection solaire) ou le SPF (sun protection factor). Plus cet indice est haut, plus la protection est importante. Reste à utiliser le bon produit sur la bonne peau, et au bon moment !

BRONZAGE : LES 5 COMMANDEMENTS

En matière de hâle, on ne sait plus trop quand, comment et où donner du produit... Il est donc essentiel de revoir ses tables de lois solaires.

Au-delà des règles de base : on n’expose pas les enfants, on protège ce qu’on peut à l’aide de vêtements frais, clairs et couvrants, et le reste avec des produits solaires, nos connaissances sont floues… Pour ou contre les huiles, les activateurs, les indices faibles en fin de vacances ? Est-il vrai qu’on doit se méfier même quand le ciel est nuageux ? Faisons le point.

1. J’applique ma protection régulièrement : POUR

Il faut renouveler l’application toutes les deux heures pour éviter le coup de soleil. Cette brûlure, fatale aux bronzages uniformes, traduit le dépassement de notre DEM, ou « dose érythémale minimale ». La DEM, c’est la quantité minimale d’UV qui provoque un coup de soleil. Elle varie en fonction de notre type de peau : plus celle-ci est claire, plus la DEM sera petite. Dix minutes d’exposition sans protection suffisent à une peau opaline pour être brûlée alors qu’une peau mate tiendra une demi-heure avant d’attraper un coup de soleil. À retenir : l’épiderme chauffe à partir de 3 DEM ; 5 DEM provoquent des cloques…

2. Plus je bronze, plus je diminue mon IP : POUR

Le bronzage est une « barrière » naturelle fabriquée par la peau pour se protéger du soleil. Il correspond à un indice de protection entre 3 et 5. Il ne filtre qu’une très petite quantité des UV. On a donc tort de croire que cela peut nous dispenser de filtres UV. On peut certes baisser l’indice, mais toujours en tenant compte de son phototype. Si on a une peau claire, on partira d’un IP 50+ pour arriver à un IP 30 à la fin des vacances. Les peaux mates, elles, peuvent descendre jusqu’à des IP 15.

3. Après 17 heures, exit la crème solaire ! CONTRE

Il est fortement recommandé de ne pas s’exposer aux heures les plus chaudes, à savoir entre 11 et 16 heures. Durant cette tranche horaire, les UVB, rayons les plus courts et les plus puissants, sont les plus forts. Cependant, les UVA, des rayons moins puissants mais qui occasionnent des dommages en profondeur, sont présents durant toutes les heures d’ensoleillement, même quand le soleil décline. Partant de là, quelle que soit l’heure, le matin tôt ou en fin de journée, il est indispensable de protéger sa peau.


4. Je me « retartine » après chaque baignade : POUR

Même si le produit solaire est waterproof, il est indispensable de se remettre de la crème après la baignade. En effet, le produit protège la peau dans l’eau mais celle-ci en entraîne inévitablement une certaine quantité. Perte qu’il faut compenser après chaque baignade, mais aussi en cas de transpiration. Bien choisir son produit, c’est savoir faire la différence entre waterproof et hydrofuge. Un produit est waterproof s’il conserve son degré de protection solaire après avoir passé 40 minutes dans l’eau. Un produit hydrofuge, lui, maintiendra son efficacité après 80 minutes dans l’eau.

5. Je me protège même sous les nuages : POUR

Halte aux idées reçues ! Ce n’est pas parce que vous visitez une région plus réputée pour ses embruns que pour son soleil que vous ne risquez rien… L’intensité des UV n’est pas liée à la sensation de chaleur et les rayons peuvent être très forts malgré des nuages ou du vent. Un voile nuageux laisse passer 90 % des UV. On doit donc se protéger même quand le soleil ne brille pas...


QUE PENSER DES ACTIVATEURS DE BRONZAGE ?

Il existe désormais des produits intitulés « activateurs de bronzage » qui promettent de nous faire dorer mieux et plus vite. Tout comme les gélules solaires, ils ne contiennent pas de filtres UV. Ils ne protègent donc pas la peau et s’appliquent, avant chaque exposition, sous la crème solaire protectrice. Leur fonction ? Obtenir plus rapidement le bronzage que vous auriez acquis en plusieurs heures de corps à corps avec le soleil.
 
Bien-être et Santé
Juin 2016