Mieux gérer la douleur

Mieux gérer la douleur
La douleur, qu’est-ce que c’est ?
Les 3 mécanismes responsables de l’apparition de la douleur sont :
- inflammatoire : douleurs associées aux phénomènes inflammatoires (majoritairement douleurs articulaires)
- neuropathique : douleurs consécutives à une atteinte du système nerveux (fibres nerveuses, moëlle épinière…)
- mixte : associe les douleurs inflammatoires et neuropathiques
 
La douleur est subjective et la manière dont elle est ressentie pourra varier d’une personne à l’autre, mais aussi chez la même personne en fonction du contexte. Ainsi, lorsque votre attention est monopolisée par votre douleur vous la ressentez plus fortement que si vous êtes absorbé(e) par autre chose. 
 
Les douleurs chroniques
La Haute Autorité de Santé en France a défini les caractéristiques des douleurs chroniques avec les critères suivants : 
- persistent ou sont récurrentes de façon anormale depuis plus de 3 mois ou répondent insuffisamment au traitement. 
- altèrent de façon progressive et significative la qualité de vie du patient au niveau physique (mouvements simples de plus en plus difficiles à réaliser) et psychologique (sensation d’être diminué(e), isolement, dépression…). 
 
Les douleurs chroniques peuvent être localisées (articulations, cou, bas du dos…) ou diffuses (un peu partout dans le corps) et avoir une intensité variable d’une personne à l’autre. Elles peuvent être renforcées par certaines situations (froid, stress, fatigue…). Malgré tout, il est important de conserver une activité physique  régulière d’une intensité adaptée. 
 
Les patients souffrant de douleurs chroniques sont généralement sous traitement pour de longues périodes, parfois à vie. Les médicaments utilisés pour soulager les douleurs ou réduire leur fréquence de survenue présentent des effets indésirables plus ou moins gênants. Ils peuvent conduire les patients à manquer de rigueur dans la prise des médicaments, sauter des prises ou réduire d’eux-mêmes la posologie. Pourtant, ces traitements doivent être suivis à une posologie optimale sur une période suffisamment longue pour en mesurer efficacement les effets et éviter le retour des douleurs. 
Exemple des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène qui sont responsables d’effets indésirables de type digestif notamment. Pour limiter au maximum ces effets, il est important de les prendre en milieu de repas et non à jeûn.
 
Le mal de dos
Le mal de dos, aussi appelé lombalgie, est fréquent et invalidant surtout lorsqu’il est chronique. Il est donc important d’identifier le plus rapidement possible son origine. Il peut être lié à plusieurs facteurs :
• une literie mal adaptée (matelas trop dur ou trop souple, oreiller trop mou ou  pas assez…)
• les Troubles Musculo-Squelettiques qui touchent 34% des travailleurs
• l’absence ou l’insuffisance d’activité physique
• un traumatisme
• une pathologie
 
Votre médecin vous prescrira si nécessaire un ou plusieurs examens pour mieux identifier l’origine de votre mal de dos et exclure certaines pathologies. Votre pharmacien pourra vous proposer des solutions permettant de compléter l’effet des traitements grâce à l’aromathérapie ou l’orthopédie :
• Les huiles essentielles à utiliser en massage (2 à 3 gouttes d’huile essentielle diluées dans 1 cuillère à soupe d’huile d’amande douce) sont : la lavande, le romarin, la marjolaine, le gingembre ou le genièvre par exemple.
• L’utilisation d’une ceinture lombaire pourra vous soulager en réduisant la pression qui pèse sur le bas du dos. Attention, une ceinture lombaire doit être portée sur un t-shirt (et pas à-même la peau) et uniquement la journée. Il existe également des patchs chauffants ou non à placer directement sur la zone douloureuse. Demandez conseil à votre pharmacien.
 
Les maux de tête
Les maux de tête aussi appelés céphalées peuvent avoir diverses origines qui en font un désagrément bénin ou plus sérieux nécessitant une consultation médicale. Tout mal de tête qui s’aggrave au fil des heures, ou débute de façon très aiguë, ou est associé à d’autres symptômes comme des vomissements, des troubles de la mémoire, une raideur de la nuque ; doit conduire à consulter rapidement un médecin. Pour prévenir la survenue d’une céphalée, certaines habitudes sont à modifier ou à proscrire : 
• les atmosphères saturées en fumée de tabac, 
• les aliments très gras ou très sucrés, 
• le chocolat en excès, 
• l’alcool. 

Un mal de tête sans gravité peut être traité par des médicaments d’automédication sur les conseils de votre pharmacien. Il pourra vous proposer du paracétamol, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) comme de l’ibuprofène ou de l’aspirine. A condition de bien respecter les contre-indications (ulcère, médicaments anticoagulants, période de menstruations… pour l’aspirine et les AINS car ils favorisent les saignements); les doses (il existe des doses maximales par prise et par jour pour tous les médicaments); et la fréquence d’administration (4 à 6 fois par jour en fonction des molécules). Il est possible d’avoir également recours à l’aromathérapie : masser les tempes avec 1 goutte d’huile essentielle de menthe poivrée pure en veillant à ne pas la mettre en contact avec les yeux. 
Enfin le contact avec du froid ou du chaud suivant l’origine des maux de tête peut les soulager. Il existe en pharmacie des poches à placer au réfrigérateur ou au micro-ondes à placer sur la zone douloureuse jusqu’à réduction ou disparition de la douleur. Si la céphalée ne cède pas en 24h, il sera nécessaire de demander un avis médical.
 
Les douleurs Articulaires
Ils touchent préférentiellement les adultes à partir de 45 ans mais peuvent également se déclarer chez les personnes plus jeunes. Tous les rhumatismes se manifestent par des douleurs et une raideur des articulations mais pas de la même façon. On parlera selon les cas d’arthrite ou d’arthrose. 
 
• S’il s’agit d’arthrite : c’est l’enveloppe qui entoure les articulations qui est touchée. L’inflammation de cette membrane conduit au gonflement et à la raideur des articulations affectées qui deviennent douloureuses.
L’arthrite étant le résultat d’un phénomène inflammatoire, il est recommandé de mettre la ou les articulations concernées au repos notamment en utilisant si nécessaire une orthèse pour immobiliser une articulation souvent sollicitée (pouce, poignet…). On peut également appliquer du froid sur la ou les articulation(s) touchée(s) (poche de glace ou poche gel à mettre au réfrigérateur ou au congélateur). L’utilisation d’anti-inflammatoires est utile pour soulager la douleur et réduire l’inflammation. Ils peuvent être synthétiques (ibuprofène par exemple) ou naturels (harpagophytum, reine des prés, saule) en gélules ou tisanes. Attention cependant à bien signaler à votre pharmacien vos traitements en cours afin d’éviter toute association déconseillée.
 
• En cas d’arthrose : c’est le cartilage qui est touché et les mouvements deviennent de plus en plus douloureux et difficiles. Les douleurs arthrosiques se manifestent généralement en cas de mouvement, il est donc important de ménager ses articulations pour réduire les frottements induisant la douleur. Les douleurs seront soulagées préférentiellement par des antalgiques avec en premier lieu le paracétamol. Votre pharmacien pourra également vous conseiller de porter un dispositif orthopédique qui réduira partiellement la pression exercée sur vos articulations (genouillère, chevillère par exemple). L’harpagophytum, connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et antalgiques est un allié de choixdans la lutte contre les douleurs arthrosiques, tout comme la capsaïcine (Piment deCayenne) que l’on peut utiliser sous forme de pommade localement en massage pour son puissant effet antalgique.
 
Les douleurs articulaires sont invalidantes et peuvent perdurer voire s’aggraver si un traitement adapté n’est pas mis en place. Plusieurs solutions existent et selon la nature de vos douleurs, votre pharmacien pourra vous conseiller efficacement. Dans tous les cas, la survenue de douleurs articulaires récurrentes ou persistantes avec ou sans déformation des articulations, doit conduire à consulter un médecin.
 
Les douleurs musculaires
Il est nécessaire de définir la nature d’une douleur musculaire: en effet il peut s’agir de crampes, courbatures, contractures, élongations, claquages ou encore déchirures.
 
• La crampe : Elle correspond à une contraction involontaire et brutale d’un muscle. Très douloureuse, elle est pourtant bénigne et disparaît spontanément en quelques minutes. L’apparition de crampes est souvent attribué à un déficit en magnésium (impliqué dans le processus de relaxation musculaire) ou à une déshydratation lors d’un effort physique intense et prolongé. Pour accélérer sa disparition il faut étirer le muscle concerné, le masser et bien s’hydrater. C’est pourquoi il est capital, à plus forte raison lors d’un effort physique, de penser à boire en quantité suffisante.
 
• Les courbatures : Elles peuvent survenir majoritairement dans 2 cas :
- après un effort physique trop intense ou trop prolongé
- en tant que symptôme d’une pathologie (grippe, hépatite, paludisme…).
Dans ce cas, les fibres musculaires sont légèrement abîmées et c’est ce qui génère une douleur. Ces lésions s’auto-réparent en quelques jours sans intervention. Si elle sont liées à l’activité physique, il est possible d’en limiter la survenue en s’échauffant suffisamment avant l’effort et en s’étirant après la fin de l’effort physique et surtout environ 1h30 après.
 
• La contracture : Elle correspond à la contraction involontaire d’un ou plusieurs muscles, douloureuse, d’une durée supérieure à celle d’une crampe et sans lésion des fibres musculaires. Elle touche majoritairement les sportifs et se localise préférentiellement au niveau de la cuisse, du mollet, des muscles du dos et du cou. 
Elle empêche le mouvement, et le muscle concerné doit être mis au repos. Pour soulager la douleur, il est important d’étirer le muscle. Il peut également être massé avec une pommade chauffante. Des antalgiques peuvent être utilisés comme du paracétamol ou encore des myorelaxants qui favorisent la relaxation du muscle.
 
• La déchirure : En cas de rupture des fibres musculaires, on parlera de déchirure musculaire. La déchirure touche principalement les sportifs et traduit un effort musculaire trop important. Elle portera un nom différent selon le nombre de fibres musculaires atteintes : 
- si elle fait suite à un étirement du muscle et concerne peu de fibres musculaires, on parlera d’élongation, 
- si elle concerne davantage de fibres, on parlera de claquage ou déchirure incomplète, 
- si la rupture concerne le muscle entier, on parlera de rupture musculotendineuse. 
Le principal signe de la rupture musculo-tendineuse est la douleur : brutale, intense et empêchant tout mouvement. Elle survient lors de l’effort physique et persiste au repos. A la palpation, on détecte un relief anormal avec la présence d’un encoche à l’endroit de la déchirure. Un hématome peut apparaître immédiatement ou après quelques jours.
 
Dès la survenue de la déchirure, il convient de mettre le muscle au repos, d’appliquer du froid et de ne pratiquer aucun massage (jusqu’à 15 jours après). Le recours aux antalgiques comme le paracétamol est possible, il est déconseillé d’utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il est indispensable de consulter un médecin dans le cas d’une déchirure pour éviter les complications et bénéficier du traitement le plus adapté.

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