La gemmothérapie, le pouvoir des bourgeons

La gemmothérapie, le pouvoir des bourgeons
Ou comment se soigner avec des bourgeons qui portent en eux toute l’énergie vitale de la plante en devenir. On vous dit pourquoi.
Déjà au Moyen Âge, des décoctions de bourgeons de peuplier étaient utilisées contre les rhumatismes, sans que cette pratique soit codifiée. C’est seulement en 1960 que le Dr Pol Henry invente la gemmothérapie, aujourd’hui en plein essor. Cette branche naturelle de la phytothérapie part du principe que le bourgeon est un concentré du potentiel thérapeutique global de la plante adulte. Avec les mêmes composants mais en quantité supérieure : acides aminés, sucres, vitamines, polyphénols, oligoéléments, tanins, dérivés terpéniques comme dans les huiles essentielles, phytohormones. Gorgé de ces principes actifs, le tissu embryonnaire a toutes les molécules de base pour donner l’élan nécessaire à la croissance de la future plante, ce qui lui confère des vertus médicinales spécifiques.


Macérats mère concentrés ou glycérinés

La gemmothérapie utilise ainsi bourgeons, jeunes pousses ou radicelles de la plante sous forme de macérats, résultat de l’infusion de ces éléments frais (et bio) dans un mélange eau/alcool/glycérine. Il en existe deux types.
• Le macérat mère concentré est, selon le Dr Jean-Michel Morel, médecin phytothérapeute, chargé de cours à la faculté de Besançon, « le plus intéressant en automédication. Non dilué, le macérat mère est plus concentré en principes actifs et a une faible teneur en alcool. Il est bien toléré à tout âge et on peut diminuer la posologie ». Laquelle va de 5 à 30 gouttes/jour chez l’adulte, de 1 à 6 chez l’enfant, soit 1 goutte/10 kg (Vitaflor, par exemple).
• Le macérat glycériné est pour sa part dilué au 1/10e, soit 1 dh selon le protocole homéopathique (et Boiron par exemple). Il faut en prendre dix fois plus que le concentré pour la même efficacité. Dose recommandée : de 50 à 100 gouttes chez l’adulte ; 1 goutte/kg chez l’enfant.
Les bourgeons sont pris séparément, hors repas, et on espace les prises de 15 min.


Une médecine préventive et régulatrice

La médecine des bourgeons est prescrite à titre préventif et régulateur car elle traite le terrain comme en homéopathie.
Ses indications : prévention des maladies infectieuses, des altérations organiques et du vieillissement (arthrose, sclérose, ralentissement des fonctions vitales) ; régulation des troubles du métabolisme (nutrition, digestion, circulation, élimination).
« Les parties embryonnaires agiront plus sur le processus de régulation global d’une fonction que sur un organe précis, explique l’expert. Le macérat est très adapté aux maladies chroniques chez les adultes comme chez les enfants. Pour ces derniers, j’ai l’habitude de dire que les bourgeons “organes en croissance” soignent très bien des “organismes en croissance”. »


Les 3 indispensables

Concentration de l’ADN de la plante, chaque bourgeon a ses propriétés intrinsèques.
*Cassis : anti-inflammatoire, anti-allergénique, stimulant de la corticosurrénale. Indiqué en cas de fatigue, convalescence, maladie infectieuse, arthrite et suites de corticothérapie. En prévention : 5 à 10 gouttes en macérat concentré, ou 10 fois plus en glycériné, le matin.
*Bouleau : anti-inflammatoire. Indiqué dans les pathologies ORL (rhume, écoulement permanent) ou les problèmes de peau (eczéma, prurit). Macérat mère : 5 gouttes matin, midi et soir en cas de crise. Dès amélioration, espacer les prises sur un mois.
*Airelle : antibactérien. Très utile pour réguler l’inflammation des muqueuses de la vessie et de l’intestin. En prévention des infections chroniques : 5 gouttes matin et soir d’extraits concentrés, sur plusieurs mois, associées à des probiotiques et de la canneberge.


A lire
Le guide de la gemmothérapie du Dr Jean-Michel Morel, éd. First


DOMINIQUE THIBAUD


Bien-être & Santé
Mars 2016