Apprivoiser son stress

Apprivoiser son stress
Il nous accompagne tout au long de la vie, pour le meilleur… et pour le pire ! Autant l’apprivoiser et amortir les chocs, au quotidien, avec de petits ou de plus grands moyens.
Encore champions d’Europe de la consommation de psychotropes, médicaments qui agissent sur le cerveau et l’humeur, et d’anxiolytiques, les Français comprennent peu à peu que la chimie n’est pas souveraine et brouille parfois le jeu des neurones… Le stress est un phénomène normal qui met à l’épreuve nos capacités d’adaptation ; il ne devient envahissant que quand celles-ci sont manifestement dépassées. Et comme chacun réagit différemment pour un stresseur identique, divorce, changement de travail, égarements d’un ado, etc., les solutions pour y faire face, que l’on soit seul ou épaulé par un professionnel, médecin et/ou psy, doivent être adaptées au stressé. Quel que soit le stresseur, irritabilité, tensions musculaires, troubles du sommeil sont souvent au rendez-vous.

Et l’on consomme beaucoup trop de ces anxiolytiques toxiques que sont l’alcool et/ou le tabac. Pour réguler un stress destructeur, le psy enseigne des stratégies d’ajustement, pour diminuer la réaction inappropriée au stress, en s’aidant de la relaxation, de la méditation ou de toute autre technique de détente, et en apprenant à penser différemment. Un stress excessif, en effet, vient souvent de ce que l’on sous-évalue ses ressources et que l’on surévalue le problème à l’origine du stress. Il s’agit ici de revenir à des pensées plus rationnelles qu’un scénario catastrophe générateur de stress. Indésirables, les schémas de pensée, les distorsions cognitives que l’on emprunte précipitamment, automatiquement, dès que l’on est dépassé par un stresseur. Mieux vaut adopter une voie de repli plus positive, permettant de relativiser, de s’adapter et ainsi de tordre progressivement le cou du stress paralysant.

1 - Respirer comme un bébé
Avec le ventre ! On inspire en le gonflant, plus sûr moyen de faire de la place pour l’air dans ses bronches et l’on expire le plus longtemps possible en rentrant le ventre tout doucement, une vingtaine de fois, à chaque attaque montée du stress. L’objectif ? Inverser la tendance de l’hyperventilation et de l’accélération du rythme cardiaque, manifestations physiques emblématiques du stress.

2 - Apprendre les plantes
On peut compter sur l’aubépine, la passiflore ou le griffonia pour semer le calme, en tisanes. Les huiles essentielles de mandarine rouge, lavande, ylang-ylang, orange douce, néroli bigaradier, etc., en roll’on nomade, pour stopper le stress, à appliquer sur les poignets que l’on frotte l’un contre l’autre pour en libérer les arômes, ou en pulvérisations dans une pièce.

3 - Adopter la sieste éclair
Souveraine, une courte sieste postprandiale, quand un petit train de sommeil manifestement se profile. On envisage alors
la suite des événements de façon plus sereine à condition de ne pas aller au-delà de 10 à 15 minutes, au risque sinon de comater.

4 - Décapiter ses émotions parasites
Des tremblements sous le coup d’une émotion, une diarrhée, des sueurs à la veille d’un examen, des troubles du sommeil anxieux ? Le remède homéopathique qui convient est Gelsemium sempervirens, l’antitrac, plutôt à hautes dilutions pour ces signes du domaine de l’émotion, 15 ou 30 CH, 5 granules en 9 CH la veille d’une prestation par exemple, d’un examen, et juste avant…

5 - Découvrir sa fleur
L’impression d’être dépassé par l’ampleur de la tâche ? Pour la contrer, une Fleur de Bach, celle de l’orme, Elm dans le langage Bach (Mieux vivre avec les fleurs de Bach, Pascale Miller, éd. Eyrolles). Deux gouttes 7 fois par jour de cette fleur du lâcher-prise à associer éventuellement à l’impatience, Impatiens.


À LIRE
SOIGNER LE STRESS ET L’ANXIÉTÉ PAR SOI-MÊME, Dr Dominique Servant, éditions Odile Jacob.
Comment ne pas se laisser envahir par le stress ? Par un travail psychologique et corporel sur soi-même, retrouver le bien-être sans médicaments.

À EVITER
- Ne vivre que pour son travail ! Même s’il est essentiel à l’épanouissement pour la majorité des Français, il doit être remis à sa juste place (Remettre le travail à sa juste place, Catherine Viot & Luce Janin-Devillars, éd. Hachette pratique, Les ateliers de Psychologies magazine).
- Faire comme si le travail était tout ! Pour ne pas se laisser envahir, il convient de tracer et d’entretenir des frontières étanches entre vie privée et vie professionnelle (Ne plus craquer au travail, Dr Dominique Servant, éd. Odile Jacob).
- Ruminer tout le temps. Et pour cela, travailler son mental, apprendre à mieux maîtriser ses émotions, réduire les tensions par la relaxation (y compris au bureau, si si !), prendre du recul avec des exercices, en pleine conscience.
- Mal gérer son temps. Il faut en garder pour soi, préserver son sommeil, pour être mieux armé vis-à-vis d’un stresseur aigu ou chronique.


AVIS D’EXPERT
Dr Olivier Dubois, Psychiatre, Clinique psychiatrique et établissement thermal de Saujon

« La cure thermale, aide au sevrage des psychotropes ? »
La cure thermale de 3 semaines comprend 4 soins tous les matins ; et dans l’anxiété les résultats sont meilleurs qu’avec un médicament de référence traitant l’anxiété et la dépression. Moins de douleurs, tensions, oppression thoracique, spasme digestif, etc., qui signent le trouble anxieux. Ces effets bénéfiques sont durables 6 mois. Ce premier travail, STOP TAG (Suivi du thermalisme à orientation psychosomatique dans le trouble anxieux généralisé) a été suivi d’une seconde étude, SPECTh (Sevrage de psychotropes par éducation psychothérapique en cure thermale) dont nous attendons les résultats début 2013. Le sevrage aux anxiolytiques n’était jusqu’ici envisageable qu’au domicile ou à l’hôpital, où la prise en charge est alors insuffisante ou trop contraignante. Nous espérons beaucoup de ce protocole de sevrage, validé par des experts psychiatres.                                   


Dr BRIGITTE BLOND


Novembre 2012
Bien-Être & santé