À chaque âge son bronzage

À chaque âge son bronzage
Préserver son capital jeunesse ne veut pas forcément dire fuir les caresses du soleil. Une protection ajustée au profil cutané permet à toutes de hâler en paix.
C’est un fait et on le sait : les ultraviolets accélèrent le vieillissement naturel de la peau. Une vérité aux allures de sentence dont les irréductibles de tout âge devraient prendre note, pour préserver le plus longtemps possible leur capital soleil. À savoir, leur système de défenses cutanées. Celui-ci correspond à la quantité totale de rayons que chaque individu peut recevoir tout au long de sa vie sans risque de développer des pathologies critiques, types mélanomes, carcinomes baso­cellulaires ou spinocellulaires, ou kératoses actiniques. Déterminé dès la naissance et en quantité immuable dans l’organisme, le capital soleil est constitué de mélanocytes, cellules qui pigmentent l’épiderme et les cheveux, et détermine la résistance aux ultraviolets. Programmé pour assurer les besoins de la peau tout au long de la vie, ce capital ne peut se reconstituer si on le dilapide avant l’heure à grand renfort de coups de soleils, d’absence de protections cosmétiques et d’abus d’exposition. En revanche, l’économiser pour que son efficacité dure le plus longtemps possible passera par une vigilance de chaque instant estival : protection solaire adaptée au phototype (couleur de peau), mais aussi à l’heure et à l’endroit de l’exposition. Vous l’aurez compris, toutes les précautions sont donc bonnes à prendre pour se prémunir des dommages engendrés par la quête du hâle. Toutes, y compris le facteur âge : plus la peau est mature, plus ses réserves de capital soleil sont réduites…

“ Je fais quelquefois des séances d’UV en institut, mais je ne sais pas si ces cabines permettent un bronzage plus sécurisé que le soleil." - Isaure, 22 ans
Non. Les UV artificiels sont plus riches en UVA et plus pauvres en UVB que les rayonnements solaires. La réglementation française (décret n° 97-617 du 30 mai 1997) impose que le taux d’émission des UVB n’excède pas 1,5 % de l’éclairement énergétique total. Ainsi, le rayonnement UV artificiel limite les risques de coups de soleil à court terme, mais pas le risque de cancer à long terme.


ADAPTER LA PROTECTION A L'AGE

La consigne est claire : le choix de sa protection solaire dépend avant tout de la couleur et de son type de peau. Cependant, les caractéristiques de la nature de l’épiderme peuvent également être prises en compte pour adapter au mieux sa protection et cibler encore plus précisément ses besoins. En effet, même si les indices de protection ne diffèrent pas d’un âge à l’autre, les galéniques et les spécificités des produits s’adaptent aux différentes typologies cutanées. Acné, ridules, déshydratation, taches… Au fil du temps, la peau change et sa relation avec le soleil aussi.

20 ans, exit la brillance
L’insouciance de la jeunesse occulte bien souvent les projections dans l’avenir. Difficile en effet pour un adolescent ou un vingtenaire de s’imaginer l’épiderme ridé lorsque celui-ci est encore lisse et ferme à souhait. La prévention n’étant pas à cet âge le souci majeur, on veut battre des records de bronzage et arborer une peau brunie coûte que coûte. On tient compte seulement de la promesse de sensualité que garantit un teint plus qu’épicé. Seulement voilà : si on adore dorer, on apprécie nettement moins de briller. La caractéristique première des peaux jeunes étant souvent d’être grasse et mixte, voire à tendance acnéique, on se félicite à tort de voir ses boutons disparaître sous l’effet des UV.
Les bons choix - Les excès de sébum liés à l’âge souffrent davantage sous des textures grasses. Il faut donc opter ici pour des galéniques au toucher sec, huiles ou fluides, SPF 30 pour les peaux mates et SPF 50 pour les peaux claires, enrichies d’actifs antibrillance.

30 et 40 ans, zoom sur l’hydratation
Ce n’est pas parce qu’on connaît les méfaits du soleil que l’on s’en méfie forcément. En effet, entre 30 et 40 ans, la quête de beauté immédiate mène d’abord à une envie de fraîcheur et de confort. Voilà pourquoi le type de galénique solaire peut varier en fonction des préférences de chacun(e). En revanche, pour préserver l’avenir, les protections doivent impérativement rimer avec prévention et hydratation.
Les bons choix - Trois options s’offrent ici :
• mettre sa crème antirides habituelle sous son soin solaire ;
• choisir un produit déjà enrichi d’acide halyronique et d’actifs hydratants ;
• ou enfin, celles qui ne supportent pas d’arborer un teint blême les premiers jours de vacances miseront pour le visage sur des compacts solaires SPF 30.

50 ans et plus,  protection renforcée
La fâcheuse tendance des peaux matures ? Se dire qu’on n’est plus à une ride près ! On use alors et on abuse du soleil, en oubliant trop rapidement que son capital solaire arrive déjà à épuisement. Une peau très marquée par le soleil souffre d’hélio­dermie, terme dermatologique regroupant les signes dus à une trop forte exposition : troubles pigmentaires – vaisseaux apparents et taches pigmentées –, amincissement du derme, rides…
Les bons choix - Moins bien armé, voire plus du tout, pour se défendre contre les attaques des rayons, l’épiderme réclame ici plus que jamais une protection renforcée, aussi bien avant que pendant et après les vacances.


BRONZER EN TOUTE SECURITE

Vous l’aurez compris : soleil et jeunesse cutanée ne font pas bon ménage… Il convient donc de préserver, renforcer et aider ses cellules à ne pas capituler.

Les règles d’or
Quels que soient l’âge ou le phototype, l’heure et le lieu d’exposition doivent également être pris en compte. Les brûlures causent des dommages irréversibles et dangereux à long terme. Brune, blonde ou rousse, exposez-vous progressivement. Utilisez les premiers jours des indices de protections élevés, alternez toutes les heures les expositions plein soleil et les plages d’ombre, évitez les heures chaudes, 11-15 heures.

Bien se protéger
Enduisez-vous suffisamment, mais pas abondamment. La bonne dose sur le corps est l’équivalent d’une balle de golf pour la crème ou le lait et huit pulvérisations pour le spray. Pendant l’exposition, renouvelez l’application au moins toutes les deux heures, après chaque baignade (même avec un produit waterproof) ou une séance de sport. Les peaux déjà hâlées ne sont pas dispensées.

Où, quand, combien ?
- En ville
Les ultraviolets sont présents, mais mordent assez modérément. Si votre peau est claire ou sensible, un indice de protection 20 sur le visage et les bras suffit à vous protéger pendant une heure. Si vous avez la peau mate, protégez les zones exposées avec un SPF 15. Sachez enfin que les parasols protègent peu, surtout sur une terrasse blanche à forte réverbération.
- À la mer
La réverbération est particulièrement puissante et nécessite une forte protection. Seules les peaux mates pourront se permettre de baisser progressivement l’indice de protection si elles ne s’exposent pas aux heures les plus dangereuses.
- À la campagne
L’herbe, comme la terre, réverbère moins de 10 % du rayonnement UV (contre 80 % pour la neige fraîche !). Un SPF 20 pour les peaux mates et un SPF 30 pour les peaux claires suffisent alors à vous protéger.
- Je mange, je bronze
La prévention passe également par la consommation de vitamines antioxydantes. Le cocktail gagnant ? Vitamine A, foie, jaune d’œuf, poisson gras, fromages ; vitamine C et bêtacarotène, légumes et fruits frais de l’été. ; vitamine E, huiles végétales ; et sélénium, crustacés, fruits de mer et poissons.

“ Je prends des compléments alimentaires solaires, mais je ne comprends pas pourquoi j’attrape quand même des coups de soleil." - Cynthia, 44 ans
Les compléments alimentaires qui vous sont proposés dans le cadre de la préparation au bronzage visent uniquement à lutter contre les dommages provoqués par les rayonnements ultraviolets sur les cellules cutanées et à améliorer l’hydratation de la peau. Ils ne protègent en aucun cas, seule l’application locale d’un produit avec filtre peut le faire.


VÉRONIQUE AÏACHE

Bien-être et santé
Juin 2013